- C’est beau ici, dit Joanie en regardant toujours à l’extérieur.
- C’est vrai, dit Émilie en affichant un sourire timide. J’aime bien vivre ici, mis à part mon manque de popularité. Les paysages sont très beaux pour une ville. À moins que tu parles du restaurant.
- Je parlais des deux. J’aime cette ville, puis ce restaurant est très chaleureux de mon avis.
- Du mien aussi. Je suis venue souvent ici avec mes parents, sinon je ne me promenais pas beaucoup dans le centre ville. Ça aurait fait bizarre de voir une fille toute seule ici.
- C’est vrai. Tu n’as donc pas d’autres amis que moi ? Demanda Joanie en se tournant la tête pour mieux regarder Émilie.
- Non. Je dois avouer que je n’ai jamais vraiment cherché à m’en faire. Je me sentais bien quand j’étais seule, avant. Maintenant, j’aimerais que ce soit différent. Je ne me plains pas, mais je me rends compte que les amis c’est très important dans une vie.
- Oui, évidemment.
Joanie se retourna, car la serveuse venait d’arriver à leurs tables pour les servir, mais elle déposa trois verres.
- Madame, on n’a pas commandé trois verres, dit Émilie qui venait de remarquer le troisième verre.
- Il est pour un jeune homme qui est supposé venir vous rejoindre, dit la serveuse un peu perdue. Justement, le voilà qui arrive, ajouta la serveuse en montrant Jonathan qui venait de sortir de la salle de bain.
- Il se joint à notre table, pourquoi ? Demanda Émile à voix basse.
Joanie haussa les épaules, puis se tourna vers Jonathan qui venait d’arriver avec un sourire gêné.
- Salut Émilie, dit-il en regardant la jeune fille aux cheveux bruns qui lui souriait timidement.
- Jonathan, je peux faire quelque chose pour t’aider ? Demanda-t-elle.
- Je crois que tu devrais me présenter cette jeune fille qui est avec toi, je ne me souviens pas qu’elle m’ait dit son nom l’autre soir, répondit-il en faisant un clin d’œil à Joanie.
- Elle c’est Joanie, dit alors Émilie en le fixant toujours de ses grands yeux verts.
- Alors, bienvenue dans notre ville, Joanie, dit-il en lui tendant la main.
Joanie lui serra la main avec fermeté, puis lui fit signe qu’il pouvait s’asseoir avec eux. Émilie regardait à présent la table, qui n’avait rien de particulier. Joanie soutenait le regard de Jonathan, attendant qu’il ajoute quelques choses.
- Aimes-tu ça ici ? Demanda Jonathan, voyant que personnes d’autres allaient parler.
- Oui, c’est pas mal. Je trouve ça, comment dire, très beau, répondit Joanie en esquissant un petit sourire.
- Et comment va Nathalie, dit enfin Émilie, après plusieurs minutes d’hésitation.
- Je ne sais pas, répondit Jonathan en haussant les épaules. Je ne l’ai pas vu depuis un certain temps, tu sais nous nous sommes chicanés, alors je ne sais pas.
- D’accord, je me demandais, dit alors Émilie.
- Tu es au courant de ce qui s’est passé entre moi et Joanie ? Dit alors Jonathan d’une voix basse.
- Oui, répondit Joanie, voyant que son amie ne savait pas trop si elle devait dire la vérité ou pas.
- Bon, alors Émilie, je veux que ça reste entre nous trois.
- Je comprends, dit Émilie un peu mal à l’aise en replaçant une mèche, de ses cheveux bruns, derrière son oreille.
- Tu veux que je te fasse visiter la ville ? Dit alors Jonathan pour briser le silence qui venait de s’installer.
- Émilie a déjà commencé, mais tu peux toujours nous accompagner, dit alors Joanie avant de prendre une gorgée de sa boisson gazeuse.
- Ça ne m’embête pas du tout, moi, répondit Émilie en souriant à Joanie pour la remercier de ne pas l’avoir oublier.
- On peut partir maintenant, dit alors Jonathan qui venait de terminer son verre.
- Oui, dit alors Joanie en se levant debout pour montrer qu’elle était prête à partir maintenant.
Les trois jeunes payèrent leurs breuvages et sortirent à l’extérieur. Il faisait très chaud, mais la légère brise montrait que la fin de l’été arrivait. Ils marchèrent dans la rue sans dire un seul mot. Émilie trouvait très étrange que Jonathan soit venu lui parler, même si c’était une façon de se rapprocher de Joanie, elle avait de la difficulté à croire que Jonathan délaissait sa blonde pour courir après son amie. Émilie resta surprise lorsqu’elle vit que Jonathan remontait la bretelle de la camisole de Joanie. Surtout que Joanie se mit à rire, puis il la prit par les épaules, Émilie se sentait vraiment de trop et elle avait envie de partir en les laissant là tous les deux. Sauf qu’Émilie ne voulait pas paraître bizarre, alors elle se contenta de regarder le paysage autour d’elle, en écoutant ce qu’ils se racontaient. Émilie finit par remarquer la main de Jonathan qui essayait de prendre celle de Joanie.
- Si vous voulez, je peux m’en aller, moi, dit alors Émilie sur un coup de tête, ce qui était rare venant d’elle.
- Non, tu peux rester Émilie ! Dit alors Joanie en s’éloignant un peu de Jonathan qui venait de lui frôler la main.
- Je disais ça comme ça, dit alors Émilie devenue rouge comme une tomate.
- Tu as bien fait, on t’avait un peu exclu et je m’en excuse, dit alors Joanie.
- C’est quand même normal que vous vous parliez plus, car il ne te connaît pas vraiment, alors que moi je t’ai parlé depuis un peu plus longtemps déjà. Je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça, j’ai parlé un peu trop vite, dit alors Émilie qui voulait se justifier.
- Ce n’est pas grave, Émilie, dit alors Jonathan. Tu es tellement silencieuse que nous t’avons un peu oublié, mais je ne veux pas que tu partes pour autant, dit alors Jonathan pour rassurer Émilie.
- D’accord, je vais rester alors, dit Émilie en souriant.
- Je suis très contente que tu ne sois pas fâchée après nous, dit alors Joanie. Alors Émilie, dis-moi, as-tu des rêves ?
- Bien sûr. Je préfère simplement ne pas en parler, mais toi, Jo, tu peux bien nous dire ce que tu aimerais faire, dit alors Émilie.
- Oui. J’aimerais devenir mannequin, je sais que c’est un peu ridicule comme rêve, mais j’adorerais faire ce métier là.
- Ce n’est pas ridicule, dit alors Jonathan. Puis, tu es suffisamment jolie pour être acceptée dans une équipe de mannequin ! Enfin, je t’encourage à aller dans cette voie.
- Merci Jonathan, c’est simplement que mes amis de là-bas, n'arrêtaient pas de me dire que c’était un rêve ridicule, alors je me suis dit que vous le croiriez aussi.
- Je ne trouve pas que c’est ridicule. D’ailleurs, de mon avis, je ne crois pas qu’un rêve puisse être vraiment ridicule, dit alors Émilie.
Joanie sourit, contente de voir que ses nouveaux amis ne la ridiculisaient pas avec ce rêve, puis, elle continua à marcher. Joanie était contente de voir qu’Émilie parlait un peu avec eux, car elle savait qu’elle était plutôt timide, puis que ce n’était pas dans son habitude de discuter comme ça. Finalement, Joanie décida que c’était le temps de rentrer, alors elle prit le numéro de téléphone de Jonathan, puis lui promit que dès qu’elle aurait l’occasion, elle lui téléphonerait. Jonathan remercia Émilie de garder leurs secrets, puis s’excusa pour avoir été méchant autre fois, mais Émilie n’en fit rien et se contenta de hausser les épaules. Les deux filles se dirigèrent alors vers leurs maisons, puis elles décidèrent d’aller chez Joanie pour continuer de parler un peu. Elles montèrent à l’étage, puis s’installèrent sur le grand lit, au milieu de la pièce. Joanie commença en s’excusant, car elle n’avait pas voulu mettre de côté son amie, puis ça lui tenait à cœur qu’elle le sache. Émilie parla alors un peu des différents professeurs qu’elle avait eus à l’école, puis ça les fit beaucoup rire, car Émilie les décrivait en disant leurs pires défauts. Après avoir bien rit des anciens enseignants d’Émilie, les filles descendirent à la cuisine pour manger un bol de céréales, puis elles décidèrent de sortir dans l’arrière cours pour continuer de bavarder en observant les étoiles qui allaient bientôt apparaître dans le ciel. Elles sirotaient un thé glacé en se parlant toujours de leur passé, car elles voulaient tout savoir sur l’autre. Lorsque la noirceur fut bien installée, Émilie se leva pour aller allumer une petite lumière près de la maison et revint s’asseoir sur la chaise longue à côté de Joanie.
- Alors Jo, tu le trouves comment Jonathan ? Demanda Émilie.
- Pourquoi me demandes-tu ça ? Dit alors Joanie un peu sur ses gardes.
- Je t’ai vu regarder Jonathan, puis tu sais bien ce qu’il s’est passé entre vous deux, évidemment, alors je me demandais si tu l’aimais ou si tu le trouvais attirant.
- C’est sûr que je ne suis pas indifférente à ce qui c’est passé et je dirais qu’il m’attire quand même un peu et je ne peux pas cacher que je le trouve beau.
- Comme la plupart des filles, dont moi, dit alors Émilie en souriant. Tu devras quand même faire un peu attention.
- Pourquoi ça ?
- Il est bien Jonathan, mais il est avec Nathalie. Puis, elle n’est pas super douce avec ses rivales.
- C’est plutôt normal. Tu crois que j’ai une chance avec lui ?
- Évidemment ! Tu es la première fille, à part Nathalie, qu’il semble tant apprécié.
- Tu penses ?
Émilie se contenta de faire un signe de la tête positif, puis elle leva la tête pour regarder le ciel et sourit en voyant une étoile filante. Elle la pointa du doigt pour que Joanie puisse aussi la voir, puis Émilie dit d’une voix basse : « Joanie, fait un vœu. ». Joanie se contenta de fermer les yeux et fit un vœu qu’elle garda évidement pour elle.
- Je crois qu’on devrait rentrer, dit alors Émilie, qui commençait à avoir un peu froid.
- Je suis d’accord, répondit Joanie.
Joanie laissa Émilie rentrer chez elle, tandis qu’elle montait dans sa chambre pour aller se coucher. Joanie ne put s’empêcher de penser à Jonathan et décida d’oublier un peu pour ce soir, car il n’y avait rien d’officiel et qu’elle ne voulait pas espérer pour rien.